Balqis : Reine de Saba

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Salomon, fils de David, avait repris le flambeau de son père et régna sur les Israéliens. Dieu lui avait soumis les êtres humains et les djinns, les oiseaux et le vent. Allah l'avait choisi aussi pour être un Prophète. Salomon avait demande à son Seigneur de le favoriser en lui donnant un royaume qu'aucun autre homme après lui n'aura. Dieu lui accorda cette faveur.

Quand Salomon, que le Salut de Dieu soit sur lui, sortait de chez lui pour aller à son conseil, les oiseaux se penchaient sur lui, les djinns et les hommes se levaient à son passage, jusqu'à ce qu'il s'asseye. C'est la faveur de Dieu qui en a fait un homme sage et respecté par toutes les créatures. Dieu Tout-Puissant accorde Ses faveurs à qui Il veut parmi Ses créatures sans compter.

Salomon était blanc de peau, le visage ouvert et rayonnant. Il aimait porter les vêtements blancs. Quand son père était au pouvoir, il lui apprenait tout ce qu'il savait et quand il devint lui-même adulte, son père le sollicitait pour des conseils.

Parmi ce que rapporte le Saint Coran, nous trouvons beaucoup de choses liées aux affaires du pouvoir comme ces versets où on peut lire : « Et David, et Salomon, quand ils eurent à juger au sujet d´un champ cultivé où des moutons appartenant à une peuplade étaient allés paître, la nuit. Et Nous étions témoin de leur jugement. Nous la fîmes comprendre à Salomon. Et à chacun Nous donnâmes la faculté de juger et le savoir. » (Coran 21.78)

Les moutons s'étaient en effet dispersées dans un champ de vignes et avaient saccagé les récoltes. David voulait, en guise de compensation, donner les moutons au propriétaire du champ, mais Salomon lui suggéra autre chose : « Si nous donnions le champ au propriétaire des moutons, qu'il le travaille jusqu'à ce que les récoltes repoussent comme avant ; et entre-temps, les moutons restent chez le propriétaire du champ pour qu'il en profite et en vive jusqu'à ce qu'il récupère son champ dans le même état avant d'être saccagé. »

Salomon ne pouvait pas entendre parler d'un gouverneur ou d'un roi, à quelque distance qu'il soit, et qui gouverne selon une loi contraire à la loi de Dieu Tout-Puissant, sans qu'il n'aille le combattre. Il était pour cette raison en guerre presque permanente. Comme tous les éléments de la nature lui étaient soumis, il se préparait pour les batailles de façon très étudiée et très détaillée. Il mettait sur des engins en bois tout ce dont il avait besoin en terme de soldats, de bêtes et d'artillerie et ordonnait ensuite au vent de se soulever pour le porter là ou il voulait : « Nous lui assujettîmes alors le vent qui, par son ordre, soufflait modérément partout où il voulait. » (Coran 38.36)

Dans une de ses batailles, Salomon avait réuni tous les oiseaux et désigné à la tête de chaque espèce un chef parmi eux, pour l'interroger en cas de besoin et ne pas s'adresser à toute l'espèce. Voulant savoir à quelle distance ils étaient d'un point d'eau, il posa la question aux hommes puis aux djinns, qui répondirent tous deux qu'ils ne savaient pas. Salomon dit alors : Je ne quitterai pas cet endroit jusqu'à ce que je sache où se trouve le point d'eau le plus proche. »

Sa colère effraya ses sujets qui lui dirent alors : « Ne te mets pas en colère, ô Prophète, tout ce que tu veux savoir sur l'eau, il n'y a pas mieux que la huppe pour t'en informer. » Il la chercha alors, mais ne la trouvant pas parmi ses troupes, sa colère grandit encore plus : « Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Est-elle parmi les absents ? Je la châtierai sévèrement ! ou je l´égorgerai ! ou bien elle m´apportera un argument explicite. » (Coran 27.21)

La huppe arriva à ce moment-là et lui donna une information tellement importante qu'il en oublia sa colère : elle lui rapporta qu'elle était passée au-dessus d'un palais qu'habitait une reine nommée Balqis » au Yémen. Elle était la reine d'un peuple nommé les Saba » . Elle a vu également un jardin derrière le palais et s'y dirigea.

Elle y trouva une huppe comme elle, mais qui ne connaissait pas Salomon ! Alors, la huppe de Salomon lui parla de son Prophète à qui étaient soumis les hommes, les djinns, les oiseaux et le vent.

La huppe de Balqis », prise d'étonnement, lui dit qu'elle aussi avait une nouvelle étonnante à lui apprendre : Nous sommes ici parmi un peuple qui est très nombreux, mais c'est quand même une femme qui est leur reine : « Elle est comblée de tous les biens, et qu´elle a un trône magnifique. » (Coran 27.23) Mais ce peuple se prosterne devant le Soleil.

A ce moment-là, la huppe de Salomon se rendit compte qu'elle s'était trop absentée et qu'elle devait rejoindre les rangs de son roi. En arrivant près du campement de Salomon, les autres oiseaux vinrent à sa rencontre et l'avertirent de la menace proférée par son roi contre elle. La huppe, tremblante, se rappela que Salomon faisait enlever toutes les plumes aux oiseaux qu'il voulait châtier, les condamnant ainsi à la déchéance ou bien il les égorgeait.

Intelligente, la huppe voulut savoir s'il y avait une porte laissée au salut du fauteur ou non. Quand elle sut qu'une bonne excuse pouvait la sauver, la huppe respira et se présenta la tête et la queue basses devant son maître. Elle dit aussitôt : « J'ai pour toi une nouvelle que tu ne connais pas, et j'ai découvert un secret qui t'es resté inconnu. »

Salomon s'apaisa et la huppe commença à parler de ce qu'elle venait de découvrir : Ô Prophète de Dieu, j'ai trouvé que le peuple des Saba était dirigé par une reine nommée Balqis et qui « est comblée de tous les biens, et qu´elle a un trône magnifique. » (Coran 27.23)

Mais Satan les a soumis à ses désirs et c'est pour cela qu'ils se prosternent devant le soleil, ignorant qu'il y a un Dieu Tout-Puissant qui n'a pas d'associés, qui donne les récoltes et l'eau, « Allah! Point de divinité à part Lui, le Seigneur du Trône Immense. » (Coran 27.26)

Son trône est éblouissant tellement il est orné d'or, de diamants et de perles.

La huppe continua son récit : « Je l'ai trouvé, Ô mon roi, priant le soleil. Les voyants ainsi, j'eus peur d'eux car ils sont puissants et ont beaucoup de force. Mais je me suis dis ne valait-il pas mieux pour ce peuple de se prosterner devant Dieu Unique, le Créateur de tout l'univers ? »

Salomon fut pris d'étonnement. Il regarda calmement la huppe et lui dit : « Nous allons voir si tu as dis la vérité ou si tu as menti. Pars avec ma lettre que voici; puis lance-la à eux; ensuite tiens-toi à l´écart d´eux pour voir ce que sera leur réponse. » (Coran 27.28)

La huppe partit sur le champ, portant le message de Salomon et se présenta devant Balqis. Elle lui mit le message sur son lit. Le voyant ainsi déposé devant elle, elle le prit et le lut. Comprenant la gravité du message, elle fit rassembler ses notables et leur dit : «verset> Ô notables! Une noble lettre m´a été lancée. Elle vient de Salomon; et c´est : "Au nom d´Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux," Ne soyez pas hautains avec moi et venez à moi en toute soumission. » (Coran 27.30)

Elle voulait prendre conseil auprès de ses ministres à propos de celte affaire hors du commun, leur montrant ainsi qu'elle accordait de l'importance à leur avis et qu'elle se soumettrait à leur choix. Ils lui dirent qu'ils sont puissants et forts, mais qu'ils s'aligneraient sur son choix à elle : « Nous sommes détenteurs d´une force et d´une puissance redoutable. Le commandement cependant t´appartient. Regarde donc ce que tu veux ordonner. » (Coran 27.33)

Elle comprit que ses hommes voulaient la guerre, mais elle voulait agir autrement et préféra régler celle affaire à l'amiable, car c'est mieux pour tout le monde. Celui qui est sage doit toujours privilégier la paix. Pour argumenter son avis, elle leur dit : « En vérité, quand les rois entrent dans une cité ils la corrompent, et font de ses honorables citoyens des humiliés. Et c´est ainsi qu´ils agissent. » (Coran 27.34)

Elle leur apprit qu'elle allait envoyer un cadeau très précieux à Salomon, pour sonder ses vraies intentions par rapport à son royaume. S'il l'accepte, c'est qu'il est un roi comme les autres, pour qui la puissance et la richesse de ce monde sont importantes, mais s'il refuse, ce serait autre chose. Mais alors que faire ? Attendons et nous verrons, semblait-elle dire à ses sujets.

Elle lui envoya donc ce qu'il y avait de plus précieux chez elle et l'envoya avec de nobles représentants de son peuple. Le convoi se dirigea vers le nord. La huppe, toujours à l'affût, s'empressa d'avertir Salomon de ce convoi royal qui se dirigeait vers son pays. Salomon se prépara à cette rencontre en se faisant construire par les djinns un palais comme il n'y en a jamais eu sur la face de la terre, qui ébranlerait l'esprit de tous ceux qui le verraient.

C'est ce qui ne manque pas d'arriver aux envoyés de Balqis. Salomon les accueillit avec son visage ouvert et souriant et leur demanda : « Que m'apportez-vous là ? » Ils lui présentèrent les cadeaux royaux et lui dirent que c'est un gage d'amitié de la part de leur reine.

Mais Salomon, à qui Dieu avait donné tant de sagesse, et comprenant immédiatement l'objectif de la reine, leur rendit leurs cadeaux en leur disant : « Allez-vous donc me venir en aide avec vos richesse ? alors que ce qu´Allah m´a procuré est meilleur que ce qu´Il vous a procuré. Mais c´est vous plutôt qui vous réjouissez de votre cadeau. » (Coran 27.36)

« Retournez-donc chez vous avec vos cadeaux, mon Seigneur m'en a donné de meilleurs : Il m'a donné la vie, le pouvoir et la prophétie. C'est des faveurs qu'aucun homme n'a jamais eues de mon Seigneur. Vous êtes un peuple qui ignore la réalité des bienfaits de Dieu sur vous! Comment alors vais-je accepter de l'argent qui me ferait oublier mon Dieu et Ses bienfaits sur moi et mes ancêtres. Mon âme ne veut rien d'autre que le remercier sans cesse et Le louer pour Ses faveurs et Lui demander de me réunir à lui. »

Il se retourna vers eux et leur dit : « Retournez chez ces gens ; nous allons marcher contre eux avec des armées; ils n'y résisteront pas ; nous les chasserons de leur pays ; ils seront alors misérables et humiliés ! » (Coran 27.37)

Les messagers de Balqis retournèrent dans leur pays et lui rapportèrent tout ce qu'ils ont vu et entendu. Elle comprit qu'elle avait affaire à plus fort qu'elle et elle décida d'aller le voir sur-le-champ pour lui dire que son peuple et elle acceptaient de se soumettre à son message et son pouvoir. Tout son peuple accepta son choix et la suivit chez Salomon.

Salomon, entendant dire que le peuple de Saba venait à lui, demanda à ceux qui lui étaient soumis parmi les djinns : Qui de vous m´apportera son trône avant qu´ils ne viennent à moi soumis ?. Un djinn redoutable dit : « Je te l´apporterai avant que tu ne te lèves de ta place : pour cela, je suis fort et digne de confiance » . Quelqu´un qui avait une connaissance du Livre dit : « Je te l´apporterai avant que tu n´aies cligné de l´oeil ».

Après cette petite concurrence, et en un clin d'oeil, le trône de Saba était devant Salomon. Salomon y vit une fois de plus un bienfait de son Dieu et le remercia une fois de plus pour cela. Salomon avait le coeur droit et savait que ce lui qui s'enorgueillit face à Dieu était perdant et que Dieu est au-dessus de tout et qu'Il se suffisait à lui-même.

Il demanda alors à ses soldats hommes et djinns de déguiser le trône pour qu'elle ne le reconnaisse pas du premier coup d'oeil pour éprouver sa sagesse et savoir si elle est parmi ceux qui sont dirigés ou non.

En arrivant devant Salomon et en voyant le trône, elle ne put que remarquer la ressemblance, mais éloigna l'éventualité que le sien ait pu arriver en si peu de temps du Yémen, alors qu'elle l'y avait laissé en partant. Elle dit alors, prudente et toujours sage : « On dirait mon trône...»

Après cette première surprise, elle fut dirigée vers le palais extraordinaire et tout en verre qu'avait fait construire Salomon. En y entrant, elle crut que c'était de l'eau et elle souleva instinctivement ses jupes pour ne pas les mouiller.

A ce moment-là, on lui dit que c'était du verre et qu'il n'y avait aucune goutte d'eau. Devant tant de miracles et de beauté, son coeur s'ouvrit à la foi. Elle venait de comprendre l'ignorance dans laquelle elle vivait avec son peuple et elle se soumit immédiatement au Seigneur de l'univers : « Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même. Je me soumets avec Salomon à Allah, Seigneur de l´univers. » (Coran 27.44)

Salomon était le détenteur d'un pouvoir comme il n'en a jamais été donné à un être humain. Que le salut soit sur lui et sur David.

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