Histoire du prophète Ibrahim

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L‘ami intime de Dieu et l’homme aux multiples épreuves : le Prophète « Ibrahim » (que la paix soit sur lui). Dieu éprouve ceux qu’Il aime et les hommes qui furent le plus éprouvés sur cette terre sont les Prophètes et les Messagers. C’est ainsi que notre père Ibrahim (que la paix soit sur lui) traversa des épreuves dont il sortit grandi (Exalté soit-il).

Le Coran nous relate toutes les étapes de la vie d’Ibrahim (’alayhi Salam). Ibrahim a été cité 69 fois dans 25 sourates du Coran. Son arrière-grand-père était le prophète « Nouh (Noé) » (’alayhi Salam). Cela veut dire qu’Ibrahim est descendant de « Sam fils de Nouh ». Allah Taala dit (en parlant de Nouh): « Du nombre de ses coreligionnaires, certes, fut Ibrahim » (Sourate 37:83).

Il a grandi en Iraq, dans la ville de Babel (dite aussi Babylone) qui n’était pas une petite ville, mais une très grande cité connue par la fabrication et le commerce des idoles. Il est né et a grandi dans une famille où tous adoraient les idoles. Mais Ibrahim ne s’est jamais prosterné devant une idole. Allah Taala dit : « En effet, Nous avons mis auparavant Ibrahim sur le droit chemin. Et Nous en avions bonne connaissance ». (Sourate 21:51). Cela veut dire que le prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) était mûr et éveillé à un âge très bas.

Le « hanif »

« Ibrahim n’était ni juif ni chrétien mais il était un vrai croyant soumis à Dieu, il n’était pas au nombre des polythéistes. Les hommes les plus proches d’Ibrahim sont vraiment ceux qui l’ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. - Dieu est le Maître des croyants - ». (Sourate 3, versets 67-68.)

Si « Adam » est considéré comme le père de l’humanité et « Noé » son sauveur, « Ibrahim » (’alayhi Salam) représente le père du monothéisme. Il est un « hanif », c’est-à-dire un homme immergé dans la Présence, imprégné par l’Unicité et totalement soumis à la volonté divine, en référence à la tradition primordiale. Il n’est ni juif ni chrétien et se situe au-dessus de tout esprit dogmatique. Il est au sommet de la pyramide, point de convergence du monothéisme dans ses nuances et sa diversité. Les religions monothéistes constituent une grande famille divisée en trois branches dont Ibrahim est l’aïeul. C’est par le retour à lui que ces trois familles spirituelles peuvent communiquer et dialoguer.

« Ibrahim appartenait à sa communauté. Il vint à son Seigneur avec un cœur pur, il dit à son père et à son peuple : Qu’adorez-vous ?. Cherchez-vous, dans votre égarement, des divinités en dehors de Dieu ?. Que pensez-vous du Seigneur des mondes ? » (Sourate 37, versets 83-87.)

A cette époque, les Assyriens et les Babyloniens étaient experts en astrologie. Des mages prédirent au roi la naissance d’un enfant qui professerait une nouvelle religion. Le roi décida alors de faire exécuter tous les enfants mâles nés cette année-là. Le père d’Ibrahim, vizir du roi, eut connaissance de cette décision et éloigna de la cité sa femme, qui donna naissance à Ibrahim dans une caverne.

Ce bébé était différent des autres... On dit que les anges veillèrent sur lui et lui apprirent à sucer son doigt pour recevoir une nourriture qui accéléra sa croissance. Quand il revint dans la cité, nul ne soupçonna son âge. Par ailleurs, il était doté d’une intelligence supérieure qui l’amena à s’interroger très jeune sur l’origine de la création.

Le peuple d’Ibrahim (‘alayhi Salam)

Ibrahim était au temps où « Namroud » (Néron). Néron était un homme arrogant et forçait les gens à le prendre pour Dieu. Les gens devenaient idolâtres, ils le considéraient comme dieu. Après quelque temps, Allah a décidé d'envoyer Ibrahim pour les guider.

Avant que Le Prophète Ibrahim naisse, les astrologues de Namroud lui ont dit que bientôt un enfant spécial naîtra et qui se dressera contre lui et dira aux gens d'abandonner l'idolâtrie. Après cet avertissement, Namroud a ordonné que tous les nouveaux nés soit minutieusement examinés pour détecter d'éventuels signes ou miracles. La mère du Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) n'avait montré aucun signe de grossesse quand elle le portait, alors elle a compris que son bébé était spécial. Pour le protéger des hommes de Namroud, elle l'a caché dans une grotte et est retourné en ville.

Le Prophète a grandi hors de ville pendant 13 ans avant que sa mère ne le ramène à la maison secrètement. Son père Taraq était déjà mort, et il fut adopté par son oncle Azar. Azar était un sculpteur célèbre qui fabriquait des idoles en pierre. Son fils les vendait aux gens. Azar a chargé Ibrahim du même travail. Dès son jeune âge, Ibrahim (‘alayhi Salam) croyait déjà en Dieu et détestait les idoles. Le premier jour de son travail, il a attaché quelques idoles à l'aide d’une corde et les a traînés dans la poussière jusqu'au marché. Puis il cria aux gens : « Venez acheter ces idoles sans vie qui ne peuvent ni faire du bien ni du mal à personne ». Les gens en regardant les idoles en poussière furent furieux de l'irrespect qu’Ibrahim a montré envers leurs dieux. Ils se sont plaints auprès d’Azar et Ibrahim (‘alayhi Salam) n'avait plus le droit de vendre ces idoles.

Le chemin de la lumière

Grâce à Dieu, Ibrahim ‘alayhi Salam comprit très jeune que son peuple était très éloigné de la vérité et décida de suivre la religion monothéiste que Dieu lui avait révélé.

Dans sa méditation et sa quête de la Vérité Ibrahim, qui possédait le savoir de son temps « l’astrologie », contemplait la création et s’interrogeait sur ses origines. L’observation des étoiles, de la lune et du soleil le conduisit d’étape en étape, de découverte en découverte, à la vérité céleste. C’est-à-dire de la lumière la plus faible à la plus forte.

A travers l’expérience d’Ibrahim, tous les hommes en quête de Vérité pourront cheminer, d’état en état, jusqu’à la disparition des illusions par une purification intérieure. Ce qu’attestent clairement les versets 76 à 79 de la sourate 6 :

« Lorsque la nuit l’enveloppa, il vit une étoile et il dit « Voici mon Seigneur ! » Mais il dit, lorsqu’elle eut disparu « Je n aime pas ceux qui disparaissent. »

« Lorsqu’il vit la lune qui se levait, il dit : Voici mon Seigneur !. Mais il dit, lorsqu'elle eut disparu : Si mon Seigneur ne me dirige pas, je serai au nombre des égarés. »

« Lorsqu’il vit le soleil qui se levait, il dit : « Voici mon Seigneur ! C’est le plus grand !. Mais il dit, lorsqu’il eut disparu : Ô mon peuple ! Je désavoue ce que vous associez à Dieu. Je tourne mon visage, comme un vrai croyant, vers relui qui a créé les cieux et la terre. Je ne suis pas au nombre polythéistes. »

Ibrahim invite son peuple à adorer le Dieu unique

A mesure que le temps passait, Ibrahim (‘alayhi Salam) essayait de montrer aux gens l'erreur de leur croyance. Il s'approcha de son oncle d'abord qui était comme un père pour lui, et l'a conseillé d'adorer Allah Taala et abandonner les idoles :

« O mon père, n'adore pas le Diable, car le Diable désobéit au Tout Miséricordieux. O mon père, je crains qu'un châtiment venant du Tout Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié du Diable ».

Il (Azar) dit : « O Ibrahim, auras tu du dédain pour mes divinités, Si tu ne cesses pas, certes je te lapiderai, éloigne toi de moi pour bien longtemps. Paix sur toi, dit Ibrahim, j'implorerai mon Seigneur de te pardonner car il m'a toujours comblé de Ses bienfaits » (Sourate 19:44-47)

Bien qu'il ne réussisse pas avec Azar, Ibrahim ne perdit pas espoir et commença à prêcher au peuple. Il leur disait : « Vos idoles vous écoutent ils, peuvent ils vous aider ou vous faire du mal ? ». Ils répondaient : « Nous les adorons car nos ancêtres le faisaient aussi ». Le Prophète Ibrahim les enseignait que seul Allah, Le Créateur des cieux et de la terre est digne d'être adoré. Même si les gens ne pouvaient répondre aux arguments du Prophète Ibrahim contre leurs idoles, ils étaient obstinés, et seulement quelques personnes ont commencé à l'écouter et à adorer Allah. Puis Le Prophète Ibrahim a décidé de montrer aux gens combien leurs idoles étaient inutiles en les détruisant. Il a saisi durant le festival annuel qui était organisé en dehors de la ville.

Ibrahim (‘alayhi Salam) cassa les idoles

Le jour du festival quand tout le monde jeunes et vieux avaient quitté la ville, Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) était seul. Il est arrivé au grand temple où toutes les idoles importantes étaient gardées. Il a pris une hache cassa tous les idoles sauf le plus grand. Les idoles, qui étaient bien rangés et soignés, se retrouvent en morceaux par terre. Avant de quitter le temple, Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) a pris soins de mettre la hache dans la main de la grande idole, laissé intact.

Allah Taala dit : « Quand il dit à son père et à son peuple, que sont ces statuts auxquelles vous vous attachez ?. Ils dirent : Nous avons trouvé nos ancêtres les adorant. Il dit Certainement, vous et vos ancêtres avez été dans un égarement évident. Ils dirent : Viens tu à nous avec la vérité ou plaisantes tu ?. Il dit : Mais votre Seigneur est plutôt Le Seigneur des cieux et de la terre et c'est Lui qui les a crées. Et je suis un de ceux qui en témoignent. Et par Allah, Je ruserai certes contre vos idoles une fois que vous serez partis. Il les mit en pièces, hormis la statue la plus grande. Peut être qu'ils reviendraient vers elle. Ils dirent : Qui a fait cela a nos divinités ?. Il est certes parmi les injustes. (Certains) dirent : Nous avons entendu un jeune homme médire d'elles, il s'appelle Ibrahim. Ils dirent : " Amenez-le sous les yeux des gens afin qu'ils puissent témoigner » (Sourate 21 : 52-61

Ibrahim (‘alayhi Salam) fut jeter dans le feu

Le Prophète Ibrahim fut emmené pour être traduit en justice pour destruction des idoles. Allah Taala dit : « (Alors) ils dirent : Est-ce toi qui as fait cela a nos divinités, Ibrahim ?. Il dit : C'est la plus grande d'entre elles que voici, qui l'a fait. Demandez-leur donc, si elles peuvent parler. Se ravisant alors, ils se dirent entre eux : C'est vous qui êtes les vrais injustes. Puis ils firent volte-face et dirent : Tu sais bien que celles-ci ne parlent pas. Il dit : Adorez-vous donc, en dehors de Dieu, ce qui ne saurait en rien vous être utile ni vous nuire non plus. Fi de vous et de ce que vous adorez en dehors de Dieu ! Ne raisonnez-vous pas ?. Ils dirent : Brûlez-le Secourez vos divinités si vous voulez faire quelque chose (pour elles) ». (Sourate 21 : 62-68)

Namroud a décidé de brûler vif Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) pour plaire à ses idoles. Il a ordonné que du bois soit collecté pour faire un feu énorme. On a apporté tellement de bois que quand le feu a été allumé, il était si grand que personne ne pouvait s'en approcher pour y jeter Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam). Namroud a décidé de construire une grande catapulte et Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) fut lancé dans le feu à l'aide de cette catapulte. Quand Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) était en l'air vers le feu, l'Ange Gabriel (‘alayhi Salam) est venu lui demander s'il avait besoin de son aide. Le Prophète Ibrahim (‘alayhi Salam) a répondu : « Non, j'ai besoin d'aide de la part d'Allah Taala seulement ». Allah Taala dit : « Nous dîmes : O feu, sois pour Ibrahim une fraîcheur salutaire ». (Coran: 21:69).

Quand Ibrahim (‘alayhi Salam) est entré dans le feu, il a prié à Allah de le protéger. Par ordre d'Allah, le feu est devenu frais et inoffensif. Namroud et ses partisans furent surpris de voir Ibrahim assis confortablement au milieu du feu brûlant. Beaucoup qui ont vu ce miracle se sont aperçus de la véracité de son enseignement, mais les autres sont restés arrogants et obstinés. Après un moment Ibrahim (‘alayhi Salam) sortit du feu et a vu Namroud qui lui dit : Tu es en train de créer la confusion dans ma communauté en les invitant à adorer un autre dieu que moi. Dis moi qui es ton Dieu ?

Allah Taala dit : « N'as-tu pas su l'histoire de celui qui, parce qu'Allah l'avait fait roi augmenta contre Ibrahim au sujet de son Seigneur ? Ibrahim ayant dit : J'ai pour Seigneur Celui qui donne la vie et la mort. Moi aussi, dit l'autre, je donne la vie et la mort. Alors dit Ibrahim : Puisque Allah fait venir le soleil du Levant, fais le donc venir du Couchant.Le mécréant resta confondu. Allah ne guide pas les injustes » (Sourate 2 :258). Ibrahim (‘alayhi Salam) a dit à Namroud qu'Allah est Celui qui donne et reprend la vie. Namroud dit, je peux aussi le faire. Si j'appelle deux prisonniers qui doivent être pendus, en laisser un partir libre et tuer l'autre, alors j'aurai donné la vie à l'un et la mort à l'autre. Ibrahim (‘alayhi Salam) a répondu : Non, tu auras raison si tu redonnes la vie à celui qui est mort. De toute façon, mon Dieu fait lever le soleil de l'est, si tu es si puissant, fais le lever de l'ouest. Namroud n'a pas pu répondre à cet argument et fut défait. Pourtant il est resté obstiné à accepter la religion d’Ibrahim (‘alayhi Salam). Il savait qu'il ne pouvait lui faire mal parce qu'il était sous la protection d'Allah. Alors il lui a ordonné de quitter son royaume et a empêché tout le monde de suivre sa religion.

Ibrahim (‘alayhi Salam) quitta le village

L’exode d’Ibrahim commença. Il partit avec sa femme Sarah et ses compagnons, parmi lesquels « Loth » qui s’arrêta à Sodome. Le reste de la caravane traversa la Syrie, la Palestine et arriva en Égypte où la beauté de Sarah attira l’attention du pharaon qui en tomba amoureux. Mais, étrangement, chaque fois qu’il essayait de l’approcher, sa main était frappée de paralysie. A la première tentative, il s’arrêta stupéfait et renonça. La deuxième fois, le même phénomène se reproduisit. A la troisième, il demanda :

« Qui es-tu et qui est cette femme qui t’accompagne ? » Ibrahim répondit : « C’est ma sœur [dans la foi]. » Impressionné, Pharaon donna alors à Ibrahim tout ce dont il avait besoin et offrit à Sarah une servante nommée Agar.

Ils repartirent dans le désert. Un certain temps s’écoula et Ibrahim n’avait toujours pas de descendance. Sarah pensait qu’elle était stérile. Lassée d’attendre, elle finit par lui offrir sa servante afin qu’il puisse avoir un enfant. Ismaël naquit d’Ibrahim et Agar. Sarah devint alors extrêmement jalouse et pria Ibrahim d’éloigner Agar et son fils. Il emmena l’enfant et la mère dans un endroit désertique et aride, la vallée de La Mecque, où il revint de temps en temps les voir. Le rituel du pèlerinage musulman à La Mecque a pour origine cet événement. La jalousie de Sarah eut des conséquences positives que nous verrons plus tard. Même nos faiblesses peuvent avoir une répercussion déterminante sur le déroulement de l’histoire.

Zemzem et le destin d’Ismaël

Agar était restée seule avec son enfant dans ce pays de la soif. « Ismaël » était sur le point de mourir. L’enfant pleurait et sa mère affolée courait d’une colline à l’autre pour chercher du secours. En pleurant, Ismaël frappait le sable de ses talons si bien qu’une source en jaillit avec force et abondance. Pour la tempérer, Agar dit à la source : « zemzem », « calmement-calmement ». Cette source coule encore aujourd’hui à La Mecque, désaltérant et purifiant les pèlerins. La course éperdue d’Agar entre les collines de Safa et Marwa est réactualisée lors du rituel du pèlerinage.

Agar symbolise l’âme assoiffée de vérité. Elle a le même cheminement qu’Ibrahim qui cherchait la Vérité à travers les croyances de son temps, puis à travers l’astronomie et l’astrologie. Mais chaque fois qu’il croyait l’avoir atteinte, il se retrouvait insatisfait. La Vérité était encore au-delà. Telle Agar, l’âme dans sa quête court d’une hésitation à l’autre, d’une fausse certitude à l’autre, d’une question à l’autre, cherchant l’eau de Vérité dans la Source de la vie.

Cet événement de la vie d’Ibrahim a suscité cette question : comment un prophète peut-il abandonner dans le désert une mère et son enfant à cause de la jalousie d’une femme ? Aujourd’hui, cette histoire nous révèle son secret et éclaire ce mystère : la volonté divine a voulu cacher la descendance d’Ibrahim. Ceci est explicité clairement dans la Genèse.

Ibrahim est le père des grandes traditions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Il eut par la suite un autre fils avec Sarah : Isaac, qui donna Jacob et les douze tribus d’Israël.

Selon la version islamique de l’histoire, Dieu ordonna à Ibrahim de lui sacrifier son fils unique Ismaël au lieudit Mina. Comme l’explique le Coran, c’est après le miracle du sacrifice que Sarah, stérile et d’un âge fort avancé, donna naissance à Isaac. Étonnée, elle dit aux anges venus annoncer à Ibrahim la nouvelle d’un héritier :

La femme d’Ibrahim se tenait debout et elle riait. Nous lui annonçâmes la bonne nouvelle d ’Isaac, et de Jacob, après Isaac.

Elle dit : « Malheur à moi ! Est-ce que je vais enfanter, alors que je suis vieille, et crue celui-ci, mon mari, est un vieillard ? Voilà vraiment une chose étrange ! »

Ils dirent : « L’ordre de Dieu te surprend-il ? Que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions soient sur vous, ô gens de cette maison ! Dieu est digne de louange et de gloire ! » (Sourate 11, versets 71-73.)

Cette lignée est celle de Moïse jusqu’à Zacharie, Jean et enfin Marie qui donnera naissance à Jésus. Mais ce dernier n’a pas d’enfants. La lignée d’Ismaël prend alors le relais. Comme une graine mystérieusement cachée, les fils d’Ismaël vivaient au milieu d’un désert que personne n’avait pu posséder, ni les Byzantins ni les Perses, bien qu’il fût un point d’eau incontournable, un carrefour caravanier important, un sanctuaire et un lieu de pèlerinage réputés. D’Ismaël naîtra, après plusieurs générations, Mohammed, le lien entre les deux ascendances

L’épreuve du sacrifice

Dans le désert Mecque, Ibrahim vit en songe qu’il devait sacrifier son fils. Au réveil, il lui raconta sa vision. Ismaël, serein, dit à son père : « Fais ce qui t’est ordonné, évite de te salir de mon sang afin que ma mère l’ignore. » Ils partirent tous deux vers la plaine de Mina où devait avoir lieu l’immolation. En cours de route, Satan tenta par trois fois de le dissuader. Pour éloigner le diable, Ibrahim lança des pierres dans la direction de la voix.

Quelle épreuve dure et pénible que d’immoler son propre fils pour obéir à l’ordre divin ! Un fils unique qu’il a attendu si longtemps et qui hériterait de son enseignement spirituel ! Et pourtant Ibrahim n’hésite pas un instant. Son amour de Dieu est plus fort que sa souffrance. L’ordre sera exécuté car il sait que le Divin connaît ce qui échappe à l’entendement humain. A l’instant où, dans une soumission parfaite, il allait égorger son fils, la voix de Dieu arrêta son geste : « O Ibrahim, tu as été fidèle à ton songe, rachète ton enfant avec le mouton que voici. » Il prit la bête et l’immola en signe de gratitude et de remerciement.

Cette épreuve atteste la profondeur de l’attachement d’Ibrahim à Dieu.

Si nous croyons aimer un être, aimons-le en Dieu. Celui que nous aimons parce qu’il nous aime, nous ne faisons que lui rendre la monnaie de sa pièce. Mais si nous sommes capables d’aimer les autres, jusqu’à nos propres ennemis, nous avons plus de mérite et l’amour devient alors libérateur. Si j’aime une personne en Dieu et que demain elle me déçoit, mon cœur sera apaisé car c’est Dieu que j’ai aimé à travers elle. Quant aux êtres disparus, si nous continuons à les aimer en Dieu, ils resteront toujours vivants dans nos cœurs car Dieu est l’éternel Vivant.

Depuis ce jour, les pèlerins musulmans sacrifient le mouton le jour de la fête de l’Aïd et lapident à trois reprises Satan à Mina, après les sept circumambulations autour de la Ka’ba (reconstruite par Ibrahim et Ismaël) et les sept va-et-vient d’Agar entre les collines de Safa et Marwa.

Le symbole du sacrifice se retrouve dans les trois traditions, évoquant ainsi le souvenir de leur appartenance commune à ce père unique : Ibrahim. Par cette offrande du fils, Dieu racheta à Ibrahim toute sa descendance qui lui fut désormais totalement consacrée. Ses enfants appartiennent à Dieu, et de leur descendance seront issus tous les prophètes.

L’itinéraire d’Ibrahim représente tout le symbole, la densité et l’harmonie du monothéisme. Elle recèle en elle toutes les clefs d’accès à la compréhension des trois grandes religions du Livre. Le premier élément du message est le cheminement vers la Vérité en partant du niveau des étoiles, qui représentent les initiés dépositaires de la connaissance, à celui de la lune, qui signifie le guide spirituel ou le pôle (el qutub) de la Connaissance, afin d’arriver au soleil, qui symbolise le prophète-messager. Le parcours d’Ibrahim est l’archétype des étapes de l’initiation pour revenir à la perfection adamique avant son voilement par la désobéissance.

Le deuxième élément du message est l’amitié dans l’intimité de Dieu et de l’homme. Désormais Il n’est plus adoré dans l’éloignement de la majesté écrasante, mais dans l’intimité secrète de la proximité du cœur.

La résurrection

Le dernier élément, celui de la résurrection, réside dans l’interrogation d’Ibrahim à Dieu : « Mon Seigneur ! Montre-moi comment tu rends la vie aux morts. » Dieu dit : « Est-ce que tu ne crois pas ? » Il répondit « Oui, je crois, mais c’est pour que mon cour soit apaisé. » (Sourate 2, verset 260.)

Dans la tradition islamique, on situe ce récit à la fin de la vie d’Ibrahim, qui croyait en la résurrection mais voulait en connaître le secret. Alors Dieu lui envoya l’ange de la mort à qui il recommanda de ne prendre l’âme d’Ibrahim qu’avec son consentement. Embarrassé, l’ange prit la forme d’un vieillard en pleine décrépitude. Celui-ci demanda l’hospitalité à Ibrahim qui le fit entrer et lui présenta un repas. Voyant que le vieillard était incapable de porter la nourriture à sa bouche, le prophète lui demanda son âge. « Je suis bien plus vieux que toi », répondit le visiteur. Devant ce spectacle affligeant, Ibrahim souhaita ne pas en venir à une telle décrépitude et accepta la mort. Mais il en ignorait toujours le mystère et la certitude intérieure par la Connaissance. Dieu lui dit alors de prendre quatre oiseaux d’espèces différentes, de les tuer, de les découper et d’en éparpiller au loin les morceaux. Un vent se leva qui les réunit dans les quatre formes initiales. Cette histoire révèle que même si le corps est totalement dispersé, une force surnaturelle est capable d’en réunir tous les atomes pour reconstituer la forme originelle, comme si chaque particule reconnaissait sa propre constitution. Là résident toute la puissance et le mystère de l’ordre divin « Sois ! ».

Les mérites d’Ibrahim (‘alayhi Salam)

Ibrahim est le Khalil (ami privilégié). Allah Taala dit: « … Et Allah avait pris Ibrahim pour ami privilégié » (Sourate 4:125).

Ibrahim (‘alayhi Salam) est le père des prophètes. Il est l’un des cinq messagers doués de fermeté : Allah Taala dit: « Lorsque Nous prîmes des prophètes leur engagement, de même que de toi, de Noé, d'Ibrahim, de Moïse, et de Jésus fils de Marie : et Nous avons pris d'eux un engagement solennel » (Sourate 33:7).

Il était une nation à lui seul. Allah Taala dit : « Ibrahim était un guide ('Umma) parfait. Il était soumis à Allah, voué exclusivement à Lui et il n'était point du nombre des associateurs » (Sourate 16:120).

Il était reconnaissant, et Allah Taala dit : « Il était reconnaissant pour Ses bienfaits… » (Sourate 16:121). Allah Taala dit : « et celles d'Ibrahim qui a tenu parfaitement… » (Sourate 53:37).

Il a été choisi pour construire la Kaaba.

Aussi qu’il a eu deux prières exaucées. La première : « Notre Seigneur ! Envoie l'un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets » (Sourate 2 :129). Et la seconde : « Ô mon Seigneur, fais de cette cité un lieu sûr » (Sourate 14: 35).

Parmi ses mérites aussi, une sourate dans le Coran porte son nom : Sourate Ibrahim.

Encore un mérite très admirable : Il sera le premier à être habillé le jour dernier. Le Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam) dit : « Certes, le premiers des créatures à être habillé le jour dernier est Ibrahim ». (Hadith raconté par Muslim).

Sources :
Les histoires des Prophètes par Ibn Kathir
Amrkhaled.net

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